Chanter, la physiologie du chanteur

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Il existe au niveau du larynx plusieurs modes vibratoires qu’on appelle « les mécanismes vibratoires laryngés ».

Lorsque nous émettons un son progressivement (glissando) du grave vers l’aigu pour les hommes, et pour les femmes de l’aigu vers le grave, nous ressentons un changement, une différence qui s’effectue au niveau de l’émission sonore. On ressent et c’est plus vrai encore pour le « non-chanteur » une discontinuité. Cette différence exprime le changement de mécanisme vibratoire laryngé. On définit sur ces bases l’existence de deux mécanismes laryngés principaux. L’émission dans la zone la plus grave est appelée mécanisme lourd , ou encore « voix de poitrine », et celle dans la zone la plus aiguë est appelé mécanisme léger ou « voix de tête » ou voix de fausset chez l’homme. Les scientifiques préfèrent éviter de parler de voix de poitrine et de voix de tête car ces notions font référence aux registres « de poitrine, de tête » qui, bien que ces termes soient très utilisés dans le langage courant, sont des concepts qui prêtent à confusion sur le plan physiologique. Les registres sont en relation avec les sensations, mais pas spécifiquement avec le mode de mécanisme laryngé. Médecins, acousticiens d’une part, et chanteurs et professeurs de musique d’autre part n’attribuent pas le même sens au terme de registre, les premiers s’intéressant à ce qui se passe de la manière la plus objective, aux mécanismes physiologiques, les seconds à ce qu’ils ressentent lors du geste vocal.

 

Les spécialistes de la voix ont défini deux types de mécanismes principaux.

– Le mécanisme 1, les cordes vocales y ont un aspect plutôt court et épais. Les sons sont plutôt graves.

– Le mécanisme 2, les cordes vocales y ont un aspect plus allongé et plus fin. Les sons sont plutôt aigus.

Outre ces deux mécanismes, on fait référence également à deux autres mécanismes moins utilisés pour produire un son.

– Le mécanisme 0 ou « fry » ; il s’agit d’un son grave et peu sonore plus aisément produit par les hommes.

– Le mécanisme 3 ou « voix de sifflet » qui, à l’opposé du précédent, permet de développer un son extrêmement aigu utilisé lors de certains cris dans l’aigu, ainsi que pour produire des sons aigus chez les chanteuses lyriques.

 

Les registres résonnantiels

Les scientifiques estiment qu’il existe essentiellement deux mécanismes laryngés ; entre ces deux mécanismes laryngés, il n’existe aucun autre mode de vibration laryngée. L’expérimentation sur ce sujet chez des chanteurs expérimentés et professeurs de chant révèle que malgré leur conviction de changer de mécanismes laryngés lorsqu’ils passaient de la voix de tête à la voix de fausset, de la voix mixte à la voix de poitrine, ces sensations de changements de registre ne représentaient pas toujours un changement de mécanisme vibratoire laryngé. C’est la raison pour laquelle ces mêmes scientifiques pensent qu’il est préférable de parler de registre résonnantiel pour illustrer ce changement de sensation. En effet le conduit vocal est capable d’une grande adaptation pour obtenir tel ou tel effet sonore. Ainsi, on peu différencier d’une part le mécanisme laryngé lourd ou léger et qui est en relation avec un mécanisme vibratoire laryngé spécifique, et d’autre part la notion de registre qui est en relation avec le phénomène d’adaptation du conduit vocal pour l’obtention d’un effet sonore.

Il ne s’agit pas d’opposer des points de vue, mais tout au contraire de clarifier des concepts, des phénomènes physiologiques et sensoriels.

Le mécanisme 0 permet de réaliser les fréquences de 80-100 Hz à 300-400Hz
Le mécanisme 1 ou voix de poitrine  permet de réaliser les fréquences de 300 Hz à 600-700 hz
Le mécanisme 2 ou voix de tête permet de réaliser les fréquences de 600 à 1000 Hz
Le mécanisme 3 ou voix de sifflet permet de dépasser les 1000 Hz

Ces limites sont variables d’un individu à un autre.

 

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